Faits Vécus
Je vous raconte l’histoire d’un petit garçon. Appelons-le Copain.
Copain tenait une ficelle du bout de ses doigts depuis déjà quelque temps. Une ficelle sur laquelle était attaché un joli et fragile ballon d’hélium tout léger. Appelons-le Copine.
Tout le monde regardait Copine danser au gré du vent. Chacun enviait sa couleur éblouissante. Chaque petit garçon voulait d’une Copine comme celle du petit homme et ce dernier le savait bien. Si bien, qu’il protégeait Copine de toute intempérie, comme si sa propre vie en dépendait.
Le jeune garçon avait parfois si peur de perdre son ballon, qu’il avait préféré l’attaché sur son poignet pour éviter que Copine lui glisse entre les doigts. Désormais, jamais plus la ficelle ne quitterait son bras. Copine faisait partie du quotidien du gamin, et jamais il aurait même imaginé s’en départir, mais parfois il semblait oublié ce prolongement de lui.  Il l’oubliait comme on oublie son nombril. On n’y pense plus, jusqu’à ce qu’on se regarde complètement nu. Après quelques temps, les gens se sont lassés de regarder Copine. Bizarrement, elle ne dansait plus au vent autant qu’avant. Sa ficelle était moins dressée et Copine semblait moins légère qu’auparavant. On aurait même dit qu’elle perdait de sa couleur autrefois si vive.

Mais Copain aimait Copine.

Maintenant, je vous raconte l’histoire d’un petit ballon nommé Copine. Vous la connaissez déjà. Le si joli et fragile ballon était attaché au poignet d’un tendre garçon. Il l’aimait tellement qu’il aurait sans doute tout donné pour la garder. Copine était reconnaissante, car Copain l’avait gardé de tout malheur pendant si longtemps. Il l’avait protégé des blessures certaines que lui aurait prescrites la vie, mais peut-être l’avait-il  également éloignée  de ses merveilles.  Et Copine voulait danser, Copine voulait s’envoler. C’était sa raison d’être.
Un soir d’hiver, avant de perdre toutes les couleurs de ce qu’elle était, Copine a pris la décision la plus difficile de toute sa vie.  D’aussi loin qu’elle se souvenait, elle n’avait jamais quitté Copain. Elle n’avait jamais volé d’elle-même. Elle ne connaissait ni le monde, ni le ciel, ni les mains de quelqu’un d’autre.  Ce soir d’hiver, Copine a choisi de s’envoler, ne laissant derrière elle qu’une ficelle en guise d’au revoir. 
Depuis, on la voit voler dans le ciel des quatre coins du monde, plus colorée que jamais. 

 

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Mélanie Rodi

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