Faits Vécus

À toi que j’ai connu pendant un instant, à toi qui n’est plus celle que j’avais rencontrée.

Mais à présent, je ne sais plus trop qui tu es.

Tu es entrée dans ma vie, avec ta bonne humeur et ton beau sourire. Jamais personne n’avait réussi à mettre autant de soleil dans ma vie. Mais tu as changé.

Tu es tout simplement devenue une fleur fragile et je pense que tu es prise entre ce que tu es et ce que tu voudrais être.

Alors tu fais de la drogue, tu consommes, tu fais des conneries et tu fais de ton mieux pour créer tes propres histoires, tu les transformes pour qu’elles soient intéressantes.

Pour que tu paraisses plus intéressante.

Parce que tu ne supportes pas l’idée d’être une fille normale, tu veux être plus que ça. L’idée de devenir une humaine oubliée et de devenir quelqu’un d’inintéressant te fait peur comme ça ne se peut pas. L’anxiété devient de plus en plus grosse. Alors tu essaies de changer de cheveux, de look, de faire des choses que tu n’aimes pas nécessairement, mais qui risquent de plaire aux autres. Parce que c’est tout ce qui compte à tes yeux.

Parce que t’es blessée, t’es devenue fucked-up comme ça parce qu’on a trop souvent jonglé avec ton coeur sensible et ta gentillesse, je ne connais pas ton passé, mais je sais que tu ne l’as probablement pas eu facile.

Source @henn_kim

Mais ce n’est pas assez. Tu n’as pas l’attention que tu crois mériter. Pas assez de likes sur ta photo, pas assez de followers, on recommence. Tu laisses les gens se laisser berner par tes sourires continus et ta bonne humeur constante. Pis quand ta carapace commence à lentement s’effondrer,

Tu reprends une ligne, un verre de trop et tu cherches un gars de plus à baiser.

Une histoire de plus à raconter.

C’est comme si l’autre partie de toi est allée prendre une marche et qui s’est perdue en chemin.

Mais en fait, qui n’avait jamais l’intention de revenir…

Tu t’es fait de nouveaux amis, tu me racontais le nombre de lignes que tu avais faites hier soir, que tu as embrassé la fille full populaire d’Instagram et plein de choses banales, qui pourtant faisaient briller tes yeux d’espoir qu’un jour, tu allais devenir comme eux.

Que t’étais finalement intéressante.

Tu as travaillé tellement fort à te créer un personnage, pour cacher tes émotions, tes douleurs et tes plus profondes cicatrices, parce que tout ce que tu étais avant, ce n’était pas assez puissant.

Puissant pour te protéger, toi et ton coeur.

Mais, peux-tu te souvenir de qui tu étais avant, avant que le monde te dise qui être? Celle qui rentrait à la maison et qui venait me voir, en pleurs, parce que les choses n’allaient pas, que ta vie déraillait et que tu étais impuissante, parce que tes heures de plaisir ramenaient plutôt de la souffrance.

Et moi, je te regardais en silence, mais je n’étais pas aveugle. Parce que je te voyais, moi. Mais ce n’était pas assez à tes yeux, alors je suis partie.

Mais d’ici là, essaie de t’accepter et de t’aimer plutôt que d’espérer que les autres t’aiment.

Source de l’image de couverture @_sterility

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