Faits Vécus

*** Attention, contenu pouvant ne pas convenir à un jeune public. ***

J’suis sortie au bar. Mes jambes pis ma minoune étaient faites. J’étais prête. Prête à séduire l’amour grâce à un sourire teinté de sagesse bourgogne entre deux coupes de rouge.

La soirée avançait. La bouteille descendait. Ma confiance grandissait pis mon inhibition disparaissait.

Quand il m’a agrippée par le bas, sans grande délicatesse, pour me dire qu’il me trouvait ben cute, veut veut pas, y’était mon élu pour à soir. Y’était l’heure où il commençait à être tard pis que mon bon jugement déclenchait pu l’alarme m’annonçant que je suis en train de vivre de quoi de bizarre pis que je devrais aller retrouver mes amies.

Fais que je suis restée là.

Y’était pas rapport. Y’était maladroit. Pis j’aimais ben ça. Faut dire qu’il avait profité des mêmes deals sur l’alcool que moi toute la soirée pis je voyais bien qu’il avait les facultés affaiblies, lui aussi. Ça se voyait juste par ses structures de phrases qui faisaient pas de sens. Soit y’était chaud, soit il jouait au hockey. Je lui ai laissé le bénéfice du doute, pis j’ai osé croire qu’il était chaud. J’espérais que la longueur de ma jupe soit inversement proportionnelle à celle de sa graine pis j’allais sans doute en oublier son mauvais français.

Source image: Unsplash

Ça fait que, je laisse le mystère s’installer pis j’le ramène pour la soirée en priant de ne pas m’être trompée. J’étais loin de me douter de la tournure que notre performance allait pogner.

Sans entrer dans tous les détails, disons que nos ébats se sont écourtés au moment où il m’a tassée pour tout arrêter. Sans explications, il s’est excusé pis s’est éclipsé dans le salon. Je l’attendais. Pis c’était long. Toute nue. La lumière allumée. Au milieu du lit. J’ai dû faire un constat : il reviendrait pas. Je me suis dit que j’essayerais de comprendre demain. À soir, ça servait pu à rien.

Là où le fun commence, c’est quand je me réveille le lendemain matin pis qu’entre temps, il est réapparu à ma droite. Il est là à se demander, paniqué, où sont passés ses bobettes. Le gars comprend rien. Il sait pas où il est. Il sait pas j’suis qui. Pis même si je lui demanderais ce qui s’est passé hier, y’en a aucune idée, il sait même pas pourquoi il est déshabillé. J’vais pas insister, y’a l’air assez gêné.

Ok. Il m’avait pas abandonné en pleine performance comme je m’étais imaginé. Mais un mystère demeure. Où était-il passé? Ça n’a pas été long qu’on ait eu réponse à nos questions, en faisant un tour de la maison. Je voulais des explications. Y’en a données plus que le client en demande. J’ai même su ce qu’il avait mangé dans la dernière année. Le dude avait fait des petits régurgits semi-essuyés sur l’ensemble de la superficie de ma céramique en laissant le plat de résistance sur mon tapis de douche.

La queue entre les jambes, les intestins dans ma salle de bain, avec son peu de dignité restante, il était décidé à s’en aller sans se retourner…quand il a pris son courage pour me demander : scuse, pourrais-tu aller me porter?

Après avoir ri de lui de façon abusive avec mes amies, elles l’ont affectueusement appelée M. Vomis.

PS: On a trouvé ses bobettes. Il avait torché mes murs avec.

Il m’a assez diverti faut croire, parce que j’y ai récemment réécrit. Il me doit bien un nouveau tapis. Mais ça, c’est une autre histoire.

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Alexane Ricard

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