Faits Vécus

C’est bien connu, nous les milléniaux (toute personne née entre 1980 et 2000), les relations amoureuses à long terme, c’est pas notre fort. Dans une ère où on peut se commander un être humain en un simple glissement de doigt vers la droite, il est difficile de s’imprégner des valeurs relationnelles du temps de nos géniteurs.

Je suis une des plus en plus rares personnes qui a la chance de voir l’amour de ses parents grandir depuis sa naissance. Ils se sont rencontrés il y a 30 ans de cela. Il l’a aperçue dans une soirée, il a eu un coup de foudre, il savait que c’était THE ONE. Ils se marièrent et eurent de très très beaux enfants. Ils se sont toujours battus pour transmettre à mon frère et à moi les meilleurs valeurs possibles. Ce n’est que tout récemment que j’ai réalisé que ce dont ils m’ont le plus imprégnée, c’est cet amour si spécial qu’ils partagent.

J’ai grandi dans une maison où mon père cueillait des fleurs pour ma mère afin de souligner le début de ses deux semaines de vacances, où il passait le balai avant qu’elle arrive de travailler afin qu’elle n’ait pas à le faire après une grosse journée. J’ai grandi dans une maison où ma mère courait vers la porte embrasser mon père à chaque fois qu’il devait quitter la maison et où la première chose qu’il faisait en revenant était de l’embrasser en retour. J’ai grandi dans une maison où les deux piliers se respectent et se soutiennent peu importe les tempêtes.

Mes parents s’aiment gros comme le monde, et ça me met de la pression. La pression de construire la relation qui sera aussi parfaite que la leur. «Ma belle fille, aucune relation n’est parfaite» que mon père me dirait. Bullshit. Si dans 27 ans je me réveille aux côtés d’un homme qui me regarde de la façon que tu la regardes, avec qui je traverserai toutes les épreuves, qui me tiendra la main peu importe à quel point la terre tremble, j’aurai cette relation parfaite moi aussi.

Source : Pixabay

J’ai de la pression d’avoir grandi sous un modèle relationnel aussi extraordinaire. Je ne veux rien de moins dans ma vie amoureuse qu’un homme aussi aimant que celui qui m’a élevé. Je ne veux rien de moins que les papillons qui s’envolent des yeux de ma mère lorsqu’elle parle de celui avec qui elle a construit sa vie, 27 ans plus tard. Je ne veux rien de moins que de transformer tout cet amour en des petits mousses et de leur montrer à mon tour ce que c’est l’amour avec un grand A. Je ne veux rien de moins qu’un coeur qui saute un battement à chaque fois que j’entendrai son nom. Rien de moins.

C’est difficile de trouver ce rien de moins en 2017. Difficile de trouver celui qui aura les mêmes idéaux, difficile de cultiver un amour qui saura traverser les années sans perdre en intensité, difficile de ne pas reculer lorsque les montagnes se dressent devant nous. Difficile, mais pas impossible. Il suffit de trouver celui ou celle qui vaudra la peine qu’on retombe en amour comme dans le temps où la direction des relations ne dépendait pas de la direction du glissement de notre doigt.

Tomber en amour comme dans le temps de nos parents, rien de moins.

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Isabelle Chouinard

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