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Dis-moi… As-tu l’impression que tu manques constamment de temps pour tout faire et que 24h dans une journée, c’est pas assez? Est-ce que tu fais souvent plusieurs tâches en même temps pour essayer de sauver du temps, aller plus vite, en faire plus?  Si tu as répondu « oui » à ces deux questions, toi aussi tu souffres d’accélérite! 

Bon, une autre affaire! Après le stress considéré comme le mal du XXIe siècle, arrive maintenant l’accélérite dans le portrait et, assurément, l’un ne va pas sans l’autre. Bienvenue dans le monde moderne mon ami! 

C’est moderne, oui, mais ça ne date pas d’hier… Tu te souviens du lapin blanc dans « Alice au pays des merveilles » ? Sans le savoir, il était le précurseur de ce mal moderne. Avec sa montre à gousset, il répétait sans cesse « en retard, toujours en retard ». 

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Bon ok, c’est beau tout ça, mais c’est quoi l’accélérite? Comme le définit le psychiatre Christophe André, l’accélérite est « l’inflammation du sentiment de manque de temps » : « Nous nous rendons compte alors avec douleur, dans un instant de grand bouleversement existentiel, que nous n’aurons jamais le temps de tout faire… de rencontrer les personnes que nous aimerions rencontrer… de lire tous les livres que nous aimerions lire… de voir tous les films que nous aimerions voir… de visiter tous les pays… de faire toutes les expériences que nous voudrions vivre… […] Ce bouleversement existentiel peut nous donner l’impression qu’en accélérant, en faisant tout plus vite, nous profiterions un peu plus de notre passage sur Terre. »

Rappelle-toi, dans le temps de tes grands-parents, à quel point les choses étaient beaucoup plus « simples » et le rythme beaucoup plus lent : pas d’ordinateur, pas d’internet, pas de cellulaire, pas d’iPod ou de tablette, pas de micro-ondes non plus! Les gens cuisinaient de la bonne bouffe maison avec des légumes fraichement cueillis du jardin et le lait trait du matin. Il n’y avait pas ou très peu de restaurants de fast food. Les jeunes jouaient des heures à l’extérieur et devaient être créatifs, car des jouets, il n’y en avait que très peu et ils étaient faits maison! Les gens ne faisaient qu’une seule chose à la fois. Le téléphone était fixe au mur, alors pas question d’être devant la cuisinière ou la laveuse en jasant avec la voisine! Les objets avaient une durée de vie quasi infinie et si quelque chose brisait, on le réparait. Il n’y avait qu’un seul magasin général dans le village et c’était le seul endroit pour tout trouver et tout acheter! On prenait le temps de vivre! 

Au fil du temps, les choses ont changées. L’arrivée des nouvelles technologies, l’économie capitaliste, l’hyper-performance et l’instantanéité ont complètement modifié le cours des choses. On est à l’ère du consommer/jeter, car on perdrait un temps fou à réparer ce qui est brisé. La vie est courte : on veut faire un maximum de choses. On vit dans une décennie où les possibilités sont infinies et les objets ont une durée de vie excessivement courte. Tout est fait pour qu’on aille plus vite, des plats déjà préparés jusqu’à l’aspirateur intelligent! L’épicerie peut être faite en ligne 24h sur 24 et tu peux la faire livrer pour sauver du temps! L’offre d’activités de loisirs ne cesse d’augmenter, les restaurants de fast food poussent dans tous les coins de la ville et on veut bien sûr essayer tous ces restos et toutes ces activités! Il y a un nombre incalculable de commerces, tous plus spécialisés les uns que les autres. Plusieurs commerces sont d’ailleurs désormais ouverts 24h et l’accès à l’Information se fait en tout temps et partout avec internet. Même dans les cours de yoga, on veut aller encore plus vite. Pensons au yoga de type « powerflow » où l’enchainement des postures est rapide. Tout est fait pour aller toujours plus vite et en faire plus! 

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Et comment fait-on pour se « guérir » de l’accélérite? Mauvaise nouvelle : je ne pense pas que ça se guérisse! Par contre, je pense qu’on peut apprendre à ralentir et à trouver un équilibre dans tout ça. Voici d’ailleurs quelques pistes qui vous paraîtront étranges à lire, mais qui font bien du sens! 

Ce qui prend du temps à faire avant ce qui va vite;

Ce qui est difficile avant ce qui est facile ;

Ce qui est nouveau pour nous avant ce que nous savons faire ;

Ce qui est important  avant ce qui est urgent ;

Ce que nous avons choisi avant ce que d’autres nous demandent.

Apprendre à ralentir, c’est aussi savoir déposer sa fourchette et respirer pendant qu’on mange. C’est rester dans la voiture pour écouter la fin de notre chanson même si on est rendu à destination. C’est prendre le temps de réparer ce qui est brisé. C’est laisser plus de place à la spontanéité! Mais ce qui est important par-dessus tout, c’est de laisser les enfants faire les choses par eux-mêmes, même si c’est long! Il ne faudrait surtout pas qu’ils attrapent notre accélérite!  

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Myriam Doré

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