Style de vie

À l’âge de huit ans, je me voyais déjà aller à l’université avec mes gros cahiers et tout le kit, parce que pour moi aller à l’école, c’était comme aller au Toys "R" Us, mais en quatre fois plus le fun (ma mère vous confirmera ce dire). J’ai un grand frère qui a quinze ans de plus que moi qui est lui aussi allé et mon dieu que je l’idolâtrais! Aujourd’hui, j’en ai vingt-et-un et je suis bel et bien à l’université comme je m’étais imaginée y être, mais viens avec l’âge plusieurs responsabilités que l’on n’imagine pas quand on a huit ans. Dans une société comme aujourd’hui en 2017, où celle-ci encourage une idéologie spécifique de la beauté qui n’est axée que sur l’image, et où rentrer dans certains critères est aussi important, tant au point intellectuel que physique, je vous confirme qu’à travers cette société déséquilibrée, être étudiant c’est rendu différent. La pression des étudiants à réussir, à s’accomplir soi-même est un sujet dont beaucoup en sont victimes, mais dont peu en parlent. Au nom de tous les étudiants, je mets en mots ce que vous pensez tout bas pour expliquer c’est quoi la pression d’être un étudiant, ce que l’on ressent au travers de notre cheminement scolaire.

Student Studying Hard Exam and Sleeping on Books, Tired Girl Read Difficult Book in Library
Source : Istockphoto.com

La pression d’être un étudiant, c’est de trouver le métier que tu veux faire à l’âge de 17 ans pour le reste de ta vie (moi à vingt-et-un ans, j’ai encore de la misère à choisir quelle paire de bottes je vais mettre pour la journée), n'est-ce pas de la pression rien qu’un peu? La pression d’être un étudiant, c’est de réussir à avoir de bonnes notes sous prétexte que c’est ce qui définit notre avenir (ta moyenne générale au secondaire et la fameuse cote R du cégep, ça te dit quelque chose?) Tu peux avoir des notes médiocres à l’école, mais être la meilleure personne sur le terrain et quand même ne pas pouvoir entrer dans le programme de ton choix. La pression d’être un étudiant, c’est d’avoir parfois la pression des parents sur nous, les enfants, pour que nous soyons parfaits. La pression d’être un étudiant, c’est aussi souvent entendre ses parents dire : « Dans mon temps, c’tait pas de même!! » (Allôôô, on est en 2017 la gang!) La pression d’être un étudiant, c’est de voir tes heures de sommeil en mi et fin de session pas mal réduites et d’essayer de jumeler du temps avec ton chum, tes amis, ta famille, et du temps pour toi-même. La pression d’être un étudiant, c’est des lectures à n’en plus finir qui ne sont pas toujours, disons, pertinentes… La pression d’être un étudiant, c’est souvent avoir des parents qui ne comprennent pas pourquoi tu sors quand t’as plus une cenne.

La pression d’être un étudiant, c’est se poser la question au moins une fois dans ton parcours scolaire ça ferait quoi si tu lâchais tout. La pression d’être un étudiant, c’est sacrer parce que t’as oublié d’enregistrer un travail que tu avais bien avancé. La pression d’être un étudiant, c’est de faire tout à la dernière minute, parce que tu n’as pas toujours le temps d’être consacré à l’école 7/7, 24h/24. La pression d’être un étudiant, c’est travailler les fins de semaine (oui c’est chiant, pour ceux qui se posent la question, mais on n’a pas le choix, ça fait partie du contrat non-écrit d’être un étudiant). La pression d’être un étudiant, c’est parfois voir ton estime de soi baisser quand tu as une mauvaise note dans un examen que tu as mis tout ton temps à étudier. La pression d’être un étudiant, c’est de voir tout le monde voyager pendant que toi t’es assis à ton bureau à faire des travaux. La pression d’être un étudiant, c’est avoir des professeurs qui ne savent pas épurer la matière et donc avoir 2030230943423412 pages de notes de cours à étudier pour l’examen et ne plus t’en souvenir le lendemain. La pression d’être un étudiant, c’est manger de la soupe Lipton plus souvent que la normale parce que la boîte pour quatre sachets coûte 2,99$. La pression d’être un étudiant, c’est parfois avoir des profs qui sont là que pour donner leur cours et qui ne prennent pas à cœur la réussite de leurs étudiants. La pression d’être un étudiant, c’est d’être constamment déchiré entre écouter Netflix ou étudier.

La pression d’être un étudiant, c’est de travailler 15 heures par semaine, avoir plein de choses à payer, mais être dans le négatif quand même à la fin de chaque semaine. Certains me diront, ça paye quoi un étudiant ? Tout d’abord, chose à prendre en considération, c'est que ce ne sont pas tous les étudiants qui ont la chance d’avoir des bourses ou des parents qui payent leurs études au complet. Certains n’ont pas d’aide financière de leurs parents même si ceux-ci font assez d’argent pour payer et n’ont pas l’aide non plus du gouvernement, parce que les parents gagnent trop (Oui je sais, c'est assez ordinaire mettons !). Par chance, j’ai des parents qui font des pieds et des mains pour que je ne manque de rien, et je remercie la vie pour ce beau cadeau, mais comme tout étudiant à l’université, bien oui il faut que je travaille. Chose certaine, payer son épicerie, son gaz, son loyer (pour certains), ses assurances d’auto, son cellulaire, ses frais de scolarité, et un peu de sorties pour avoir une vie sociale (euh oui oui, une vie sociale quand on travaille et qu’on va à l’école, c’est PRIMORDIAL), c’est lourd, autant pour le portefeuille que le mental.

La pression d’être un étudiant est constamment présente dans notre société. Évidemment, c’est nous qui choisissons d’étudier, alors comment on fait pour s’en dissuader? C’est simple, on ne s’en dissuade pas, on vit avec et on surmonte chaque difficulté étape par étape. Il n’y a pas si longtemps, je me voyais commencer mon secondaire et là, je me ramasse à avoir fait la moitié de mon parcours universitaire. Ce n’est pas facile, mais on finit par s’en sortir. Alors, mon conseil c’est quoi? Soyez vous-même et ne lâchez pas.

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Magalie Lanoue

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