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Pour faire une histoire courte et vous épargner les détails de mon passé, c’était en septembre 2013 alors qu’au regard des autres, je suis une femme épanouie. Mère de jumeaux de 18 mois, simplement trop craquants, gestionnaire à la fonction publique, mariée à un homme depuis près de 6 ans, impliquée socialement dans la communauté. Mais un matin, les signes avant-coureurs, que je n’ai jamais voulu voir, le déni dans lequel je baignais depuis des semaines, voire des mois, m’ont frappée. Je me suis levée et je pesais 300 livres, malgré mes 120 livres tout trempe. Mon café du matin, représentant mon premier bonheur matinal, a plutôt goûté comme un sirop Lambert, mon bagel « cream cheese » dégusté à la perfection depuis 15 ans, goûtait comme un vieux chausson aux pommes sec du dépanneur du coin…

Ce matin-là, rien ne marchait et non, je n’étais pas SPM. Je suis partie froidement en regardant mon mari avec un air vide, dévasté, criant à l’aide. Il m’a dit je t’aime et aucun mot n’est sorti de ma bouche. Une fois assise dans la voiture, ce n’est pas l’auto qui est partie en premier, mais les larmes de mon corps qui coulaient à flots. Une boule immense m’empêchait de respirer, les larmes coulaient et j'étais incapable de les contrôler, même Coldplay en background dans mon système audio ne réussissait pas à mettre de la lumière dans ce début de journée. Une fois au bureau, je n’ai pas le choix de fermer la porte, car malgré le mascara waterproof que j’utilise, j’ai l’air d’une fille qui a toutes les allergies du monde ou qui a fait le party la veille et a oublié de se démaquiller. J’ai frappé mon mur, je le sais, mais je ne veux pas l’admettre. Je simule des allergies tout au long de l’avant-midi.

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Source: xBlogdeCitations – Skyrock.com

Sur l’heure du lunch, mon mari, l’homme qui m’a toujours appelée sa petite douceur, sa joie de vivre, me retrouve en boule et doit m’aider à simplement respirer. Une fois mon médecin de famille appelé (et oui par chance j’en ai un), je le rencontre l’après-midi même (wow j’aurais dû m’acheter un 649). Je pleure comme une madeleine, même si je n’ai pas de péché à me faire pardonner…. Diagnostic : un trouble d’adaptation, mêlé à un trouble d’anxiété généralisé. WHAT? Je suis supposée être quasi-parfaite. Je dois prendre du repos?? On s’entend pour une semaine, j’ai un événement important à orchestrer la semaine prochaine, malgré mes jumeaux et mon poste de gestionnaire à temps plein? Je suis épuisée? Dépassée? Mais non je ne suis pas faible, je suis forte, ce n'est pas mon genre d’être épuisée? Ma tête tourne, je capote tout simplement. Non je ne veux pas être rendue là. Ce ne sont que les faibles qui sont en arrêt de travail. Une semaine et je serai sur pieds… Non, il m’a fallu 6 mois, il m’a fallu mettre mon orgueil de côté et écouter mon corps qui criait à l’aide depuis quelques temps. Non l’épuisement n’est pas synonyme de faiblesse. C’est un signe du corps qui doit être sérieusement pris en considération… Il faut savoir l’identifier, mettre l’orgueil de côté et consulter, avant qu’il soit trop tard.

Article à suivre : Comment vivre avec le trouble d’anxiété généralisé

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Catherine Brière

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