Faits Vécus

J’ai besoin d’air, besoin de respirer. J’ai le coeur qui bat vite et fort. Le mécanisme de pensée de mon cerveau est en feu. Mon sommeil est au minimum, tout comme l’énergie est à son plus faible. Pourtant, je t’ai demandé de faire de l’air, de me laisser tranquille, je t’ai dit que je n’avais plus envie de faire un tour de montagne russe avec toi, mais tu me colles aux fesses.

Je me réveille les yeux encore tout pognés alors que toi t’es déjà là en train de sauter au bout du lit rempli d’énergie et de détermination. Je suis clairement moins matinale que toi, mais j’aimerais également te rappeler que c’est quand même toi qui m’empêches de dormir la nuit. Longtemps je me suis demandée où t’allais chercher cette énergie-là, cette motivation-là et puis j’ai réalisé que c’était simplement parce que tu tétais la mienne tel un bébé qui vient de découvrir son pouce.

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Tu m’as fait vivre toutes sortes d’échecs, à l’école alors que tu m’as fait arrêter de croire en moi et que j’ai voulu abandonner les études collégiales, en amitié alors que tu me faisais croire que personne ne m’aimait, en amour alors que tu me disais que je ne méritais pas d’être aimée. J’ai réussi à me réfugier dans mon travail de commis au service à la clientèle chez La Baie. L’argent entrait, mais les opportunités de créer des souvenirs diminuaient.

Et puis, un jour, après quelques essais de croire en moi, t’as décidé de te lier d’amitié avec la dépression. Ensemble, vous avez réussi à changer le monde… mon monde ! Tout étant devenu gris, vous m’avez fait perdre le goût des couleurs. J’ai abandonné des cours à l’école, quitté mon travail, mis de côté ma famille, mon couple et mes amis question de vous donner toute mon attention. Ce n’était pas assez, vous m’avez rendu malade, fait fondre le peu de kilos qui me restait, vous m’avez vidé du peu de larmes qu’il y avait encore en moi pour remplacer cette peine par de la haine,  une haine monstrueuse envers la vie.

Et puis, un jour, après quelques essais de croire en moi, plus rien n’était possible, tout était devenu noir.

Si je suis ici à écrire ces lignes, c’est que vous n’êtes pas venu à bout de moi. J’ai accepté d’aller chercher l’aide nécessaire. J’ai appris à vivre avec vous deux. La dépression a finalement décidé de faire ses valises tranquillement pas vite, mais toi… tu me colles encore au cul, pi ça me va. On va apprendre à mieux se connaître, établir nos limites et garder que le positif de notre relation.

Tu sais.. je ne t’en veux pas vraiment, c’est quand même toi qui as forgé la femme forte et déterminée que je suis aujourd’hui.

Sans rancune !

 

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Marianne Tassé

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