Bouffe

Mon parcours a débuté il y a trois ans, quand j’ai pris la décision de me diriger vers une alimentation végétalienne. Je me suis informée sur la façon dont les animaux sont traités et abattus, ce qui m’a ouvert les yeux sur ce à quoi je participais sur une base régulière. Je n’avais plus envie de donner mon argent à ces industries, j’ai donc fait des choix en conséquence. J’ai retiré graduellement la viande rouge, la volaille, le lait, le yogourt, le fromage, les œufs, la gélatine et autres de mon quotidien. Mes intentions premières étaient de réduire la souffrance animale et c’est toujours le cas aujourd’hui. Toutefois, la réduction de mon empreinte écologique, ainsi que le bien-être physique et psychologique s’ajoutent désormais à mon « pourquoi ».

Personnellement, je ne l’ai pas fait dans un cadre restrictif. Je n’ai jamais eu de troubles alimentaires sévères et j’ai tout simplement retiré les aliments qui ne me faisaient pas sentir bien. Je mange ce qui me tente, quand ça me tente, tout en respectant mes valeurs et ma santé.

Les étiquettes

Je pense que ce sont les étiquettes qui font peur. Est-ce que tout est blanc ou noir? Est-ce qu’on peut être dans le gris foncé, mettons? Parce qu’être végé, ça peut être chiant parfois. Essaie d’aller manger au restaurant déjeuner, ailleurs qu’à Montréal, en étant végane? Bonne chance. À moins que de manger des quartiers d’orange et de cantaloup avec des toasts pas de beurre te fasse triper, tu risques d’être déçu·e. Pour ma part, je ne vérifie pas tout ce que je mange, parce que sérieusement, ça ne finirait plus. Quand on commande de la pizza, je prends toujours une végétarienne sans fromage. Je ne commencerai pas à demander à la personne quels sont les ingrédients de la croûte, je m’en fous, je fais ce que je peux.

Je ne crois pas que de catégoriser les aliments comme « sains » ou « malsains » est une bonne façon d’approcher l’alimentation. Tout est une question d’équilibre et de plaisir. Les valeurs personnelles entrent également en jeu lorsque vient le temps de faire des choix alimentaires. Si je considère que la souffrance animale n’équivaut pas au plaisir que j’ai de manger de la viande ou de boire du lait, alors je n’en consomme pas. Un point c’est tout. J’aime les animaux de tout mon cœur et je suis une personne ultra-sensible, alors je ne participerai certainement pas à leur souffrance quand j’ai l’occasion de ne pas le faire.

Je pense qu’il est important de ne pas devenir fou avec la nourriture. Le végétalisme, ce n’est pas de se restreindre, de se priver ou de se culpabiliser. C’est simplement de remplacer les aliments, d’en découvrir des nouveaux et de se respecter dans nos valeurs. Il y a de plus en plus de produits véganes et québécois sur le marché, c’est une opportunité d’explorer de nouveaux aliments et de faire de nouvelles trouvailles.

Devrait-on faire des exceptions dans certaines situations?

Je ne me forcerai pas à ingérer quoi que ce soit pour être jugée « végane flexible non chiante ». Pour moi, manger du cochon, du cheval ou du poulet, c’est juste inimaginable maintenant. Alors je dis non merci quand on m’en offre. Si tu me dis que tu n’aimes pas les tomates, vais-je te faire un rituel satanique et t’injecter des tomates en purée dans les veines? Non, pas du tout. Je vais te respecter et t’offrir autre chose.

Il y a certains aliments que j’aime encore manger comme le poisson et les œufs (s’ils viennent de poules bien traitées de quelqu’un que je connais). J’en mange quand ça me tente ou lors d’occasions spéciales. J’éprouve beaucoup de plaisir à cuisiner et à manger végétalien, mais quand l’envie de sushis ou d’œuf bénédictine me prend, je ne me prive pas.

Source image: Unsplash

Qu’est-ce que l’alimentation végé n’est pas?

L’alimentation végé n’est pas un régime et ne fait pas maigrir. Ce n’est pas une religion ni une croyance transmise par une secte. Il est possible de manger très varié, sans carence et sans diète stricte. Il faut simplement écouter notre corps et s’informer auprès de professionnel·le·s de la santé qualifié·e·s au besoin, puisqu’il y a énormément de mythes sur le sujet. Ce n’est pas non plus une alimentation qui coûte cher, c’est simplement différent.

Les gens qui adoptent cette façon de s’alimenter n’ont pas besoin de faire des prises de sang chaque mois et n’ont pas à justifier leur état de santé à qui que ce soit. Aucun médecin n’a fait une crise de panique en sachant que mon alimentation était composée à 95% de végétaux, au contraire.  Ah, et tu n’es pas obligé·e d’aimer le kale.

En bref,

Quand on fait une transition vers une alimentation sans aliments d’origine animale, on doit nécessairement en parler à nos proches. Le sujet revient donc souvent sur la table, de façon positive ou négative. Toutefois, la culpabilisation et les restrictions ne nous mèneront nulle part. Personne n’est parfait et chaque petit geste compte. Les petites attentions créent éventuellement de grands changements. Il faut simplement commencer quelque part et être conscient·e des impacts de nos choix.

Je suis végane… à 95%. J’écoute mon corps et je ne me culpabilise pas lorsque je mange du saumon lors d’un souper de famille ou les œufs brouillés de ma mammy le matin de Noël. Je fais de mon mieux et je crois que c’est ça l’important.

Je vous invite également à vous renseigner sur l’alimentation intuitive, qui, en résumé, prône le respect de son corps, la déculpabilisation de ce que l’on mange et le plaisir des aliments. Karine Gravel, docteure en nutrition, a rédigé un article sur les 5 effets secondaires (agréables) de l’alimentation intuitive. Le blogue sur la nutrition de Bernard Lavallée est également super intéressant à lire!

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Jennie Lamanque

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