Comment survivre à une peine d’amitié

On va se le dire, des articles sur les peines d’amour en veux-tu en v’là! Y’a des livres, des vidéos et fort probablement une tonne de documentaires à ce sujet. Mais une peine d’amitié, tu y survis comment?

Bon, ma question sonne dramatique. On s’entend que survivre est un peu fort comme mot. Pour vrai, comment passe-t-on au travers d’une peine d’amitié?

relation toxique

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Tout comme une rupture amoureuse, une rupture amicale peut se passer de maintes manières : rapide ou lente, soudaine ou prévisible, être le « laissé » ou le « laisseur », unilatérale ou mutuelle, violente ou sereine… tu comprends le principe.

Peut-être que certains ne seront pas d’accord avec moi, mais je crois qu’une peine d’amitié peut faire aussi mal qu’une peine d’amour. C’est juste un mal différent. Quand tu y penses, tu  perds  une personne de qui tu es proche, tu continues de vivre avec vos souvenirs, tu as (probablement) des amis communs, tu brises les habitudes que vous aviez, tu te sens d’une certaine manière trahie d’avoir investi autant dans votre relation; la rupture amicale implique bien des choses et comme je le dis toujours, les amis sont la famille qu’on choisit. Tu as un deuil à vivre.

On s’entend aussi que tout est relatif puisqu’il y a autant de type de ruptures amicales que de couples d’amis. Un adieu drastique ou un au revoir, un ami proche ou un ami ponctuel, une amitié de longue date ou récente, tu comprends, encore une fois, le principe.

Je vais donc essayer de mettre en mots ce qui m’a aidée dans mes ruptures amicales parce que je me dis que ça pourrait en intéresser quelques-uns. Assurément si tu as cliqué sur cet article, c’est parce que c’est ton cas. Sincèrement, j’ai rarement parlé de peines d’amitié avec des gens, alors que les peines d’amour sont un sujet récurrent. Pas qu’on aime particulièrement en parler, mais veut veut pas, on en parle toujours un peu quand une rupture se produit dans son entourage. Alors je me lance au sujet de la peine d’amitié!

friendship

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D’abord, voici mes conseils pour réussir une rupture amicale :

1) Les bonnes questions tu te poseras.

Si tu laisses l’ami(e), pose-toi ZE question, en amour, comme en amitié, comme dans la vie : « Qu’est-ce qui est le mieux pour moi ?» De quoi as-tu envie face à cette amitié? De continuer de t’y investir?? D’y accorder une place moins importante parce qu’elle prend trop de place dans ta vie? D’y mettre les freins et de lever le flag parce que tu donnes beaucoup plus que tu ne reçois et le déséquilibre ne se rééquilibre plus? De quitter l’ami(e) OPC parce qu’il/elle est toxique?

2) Le respect tu maintiendras.

Ce n’est jamais une nécessité de manquer de respect, c’est un choix. Pour l’amour de l’amitié, je suis certaine que vous pouvez faire le tout de manière respectueuse.

3) Le type de rupture tu définiras.

Ça, c’est vraiment propre aux ruptures amicales parce que sinon… bonne chance pour la gestion! Tu sais, ce n’est pas obligé d’être une séparation définitive. Avez-vous besoin d’un break? Avez-vous besoin de changer de statut d’amis du genre «tu étais ma meilleure amie, mais clairement on évolue différemment et même si je t’aime encore, ça me fait plus de mal que de bien d’essayer d’entretenir notre relation comme elle l’était » ? Avez-vous besoin de couper définitivement les ponts ou pouvez-vous continuer à vous voir de temps en temps? (Un booty call d’amitié… ce serait quoi?)

4) Le nébuleux tu éviteras.

Si vous vous connaissez bien, des mots ne seront pas nécessairement obligatoires pour clôturer le tout : vous le saurez. Par contre, ne laisse pas poireauter l’ami(e) parce qu’il n’y a rien de pire que l’attente. Sois clair dans tes intentions pour éviter qu’il/elle ne soit désemparé. Tu lui dois bien ça (point 1).

Voici maintenant mes conseils pour passer au travers de cette peine d’amitié. Ce ne sont pas des trucs du genre « sors boire un coup », « pleure un coup » ou « manges de la Junk », bien que ce soient de bons conseils qui selon moi se résument tous par : « fais-toi du bien, point. » Disons que mes trucs sont plus un genre d’aide-mémoire émotionnel et comportemental pour éviter de broyer du noir plus longtemps que nécessaire, tiens!

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Cet aide-mémoire va comme suit :

1) Rappelle-toi que c’était pour le mieux.

Si tu as décidé de mettre fin à cette amitié, c’est parce que tu avais de bonnes raisons. Si elles n’étaient pas bonnes, j’ai pour mon dire que rien n’est définitif dans la vie : je suis sure que tu trouveras le moyen de renouer cette amitié qui ne sera plus comme avant, mais qui sera nouvelle et entière autrement. Si tu t’es fait laisser, c’est parce que la personne a jugé qu’elle n’avait plus l’envie, l’énergie ou le désir nécessaire de s’investir dans votre relation pour qu’elle soit saine et heureuse. Alors c’est tant mieux pour toi!

2) Ne te sens pas coupable.

Dans les deux cas. Si tu laisses ton ami(e), c’est parce que tu as pesé le pour et le contre ou encore que tu l’as fait de manière instinctive parce que ton instinct savait mieux que toi que c’était la chose à faire. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est de l’amour propre. Si tu es laissé(e), ça ne sert à rien de penser à des « si ». Tu ne sauras jamais comment ça se serait passé « si » alors ne te culpabilise pas, cette décision est hors de ton contrôle (sauf si tu as été un(e) parfait(e) con(ne) mais bon, je pars du principe que ce n’est pas le cas et de toute façon, ce sera à l’ami(e) de voir s’il/elle veut revenir sur sa décision!)

3) Ne deviens pas amère.

Tout est possible, mais ça m’étonnerait ben gros que tu ne gardes rien de positif de cette relation. En fait, si c’est le cas, dis-toi que c’est fini et qu'il y a au moins ça de positif! Blague à part, ne sois pas amère de la situation : tu as aimé cette personne, vous avez vécu de belles choses, vous avez de beaux souvenirs, elle a fait partie de ton chemin de vie et a donc été une personne qui a contribué à faire de toi celle que tu es. Quelqu’un m’a déjà dit qu’après le mal que j’allais ressentir, je serais un jour capable de repenser à cette relation en souriant. Aies confiance. Si ce n’est pas le cas, et bien tu souriras en repensant au moment où ça s’est fini!

4) Concentre-toi sur ce qui compte.

Ce n’est pas vrai que « les amours passent mais les amis restent ». Il y a aussi des amitiés qui partent, qui se finissent. Des fois, on comprend le pourquoi et parfois il n’y a rien à comprendre, les choses sont simplement ainsi. Si on a de la difficulté à se comprendre soi-même, imagine à quel point ça relève de la magie de réussir à comprendre ce qui se passe dans la tête de l’autre et encore plus, de l’interaction entre ces deux têtes et ces deux cœurs! Des amis qui restent et qui resteront, tu en as. Il y a des amitiés qui durent toute une vie, d’autres qui s’effritent et d’autres encore qui disparaissent. Ainsi va la vie. Ne te concentre pas sur ce que tu n’as plus, mais plutôt sur ce que tu as. Aime tes amis à fond et profite de chaque moment avec eux parce qu’ils sont précieux.

Au fond, l’amour d’amoureux et l’amour d’amis est pas mal semblable… et la façon de s’en sortir aussi quand on y pense. Chose certaine, aussi plate que ça puisse être à lire, le temps arrange les choses. Prends ton temps, vis ce que tu as à vivre, prends soin de toi et n’oublie pas que ton petit cœur va passer au travers comme un champion…à son rythme!

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Signé l’amoureuse-de-l’amitié